Florent Fichot

Spectacle « La crise est finie » avec la Compagnie Grime et Concocte

Ils arrivent à vélo, un hauban couvert de fanions à l’avant du cycle. Florent Fichot et son compère Laurent Secco font leur « livraison de chansons », comme autrefois  le facteur faisait sa tournée. En un instant, nous voici transportés dans l’univers de « Jour de fête« , mais les Frères Jacques ont ici remplacé Jacques Tati.  Un  homme en bleu et un homme en rouge reprennent à cappella et  à  deux  voix, avec leurs vélos-xylophones, des chansons d’hier et d’aujourd’hui…

Comme à son habitude, Florent Fichot  a choisi une démarche engagée dans son spectacle La crise est finie, spectacle offert par « Les Amis de La Filature » le 17 novembre.  Florent est  fidèle  à la philosophie de la compagnie Grime et Concocte qui  s’est donné pour mission d’élaborer des spectacles « tout terrain », autonomes techniquement, adaptés à tous les espaces. Et de fait, La crise est finie utilise peu de moyens : deux vélos, deux xylophones et des fanions qui se dérouleront suspendus comme les lampions d’un 14 Juillet sous l’éclairage de deux projecteurs.

Les spectacles de la compagnie Grime et Concocte  ont, en général,  vocation de toucher  un public peu familier avec le théâtre. Créée en 2016, La crise est finie   a déjà été accueillie à de nombreuses reprises par divers publics dans des lieux variés : centres culturels, mais aussi collèges, marchés, fêtes….

« C’était un spectacle long à élaborer, dit Florent, car il fallait une sélection rigoureuse des chansons qui  illustrent un siècle de chansons engagées. Mais il ne s’agissait pas de délivrer un discours militant et de faire du prosélitisme » continue-t-il.  Dans ce spectacle en effet, il n’est pas question de livrer un discours politique, debout, le poing levé, mais de proposer un parcours traduisant  avec humour, ironie  ou sérieux, irritations , contestations, révoltes et luttes d’hier et d’aujourd’hui. Une fois les chansons sélectionnées, il fallait encore les mettre en musique. Florent n’est pas musicien, il a dû faire appel à des professionnels pour en composer la musique chantée par les deux partenaires parfois accompagnés du xylophone.

 

Nous avons effectué un grand voyage dans le temps. Ainsi  est-on passé du chant des Canuts d’ Aristide Bruant ou de   « Je n’suis pas bien portant« , qui a fait la joie de nos grands ou arrière grands -parents aux chansons de rappeurs (Lettre à la république de Kerry James ), via  La chanson de Craonne. Le répertoire balaie un large spectre de thèmes, allant des plus légers (Gainsbourg, Souchon) aux plus graves  (la révolte des canuts ou des poilus dans les tranchées en 1917,  le colonialisme et l’immigration) en passant par la critique de la société libérale (Qu’est ce qu’ils sont cons),

Les chansons sont accompagnées d’un jeu de scène chorégraphié au millimètre. Florent et Laurent jouent de leur similitude, se reflétant parfois comme dans un miroir,  ou se renvoyant la balle. Deux hommes paillettes, deux clowns, deux marionnettes chantent des textes aiguisés, des airs connus avec un jeu de scène d’une précision diabolique.   Florent avoue une grande admiration pour le music hall et la perfection des deux partenaires dans leur jeu scénique  en est le témoignage.

Spectacle visuel et  musical, textes humoristiques, décapants, légers ou graves, voici une alchimie réussie

 

 

Retrouvez la Compagnie Grime et Concocte sur leur site en cliquant ICI.

SOS Chansons! La Compagnie propose des livraisons de chansons à domicile alors, n’hésitez pas!

 

 

 

 

 

 

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La Filature au collège avec Florent Fichot

Chaque année, La Filature scène nationale engage des actions culturelles en direction de divers publics et, en particulier, les jeunes  des collèges. A cet effet, elle a invité Florent Fichot, comédien, à intervenir dans des collèges de la région mulhousienne.

Nous avons eu l’occasion de présenter son travail dans un article précédent. Les Amis de La Filature ont aussi eu aussi le plaisir  d’apprécier son spectacle intitulé « Assis!, Debout!, Couché!…. Sautez » en mars 2016.

Florent Fichot anime son atelier autour des thèmes de l’engagement et de l’expression orale.  Les collégiens participent à cet atelier en identifiant un thème d’engagement qui les motive particulièrement et en recherchant avec un enseignant un texte  qui peut l’illustrer. Il faut encore pouvoir le communiquer efficacement.  C’est ici qu’intervient le spectacle  « Assis!, Debout!, Couché! » présenté aux collégiens dès la première séance par Florent.

Une fois le texte sélectionné, les collégiens travaillent en groupes pour mettre en scène leur message et le présenter collectivement. Il s’agit d’apprendre à le scander de façon claire, convaincante et intelligible.  La prise de parole en public n’est pas innée!

Entretien avec Florent Fichot

Florent, quels sont les thèmes que les collégiens ont le plus souvent retenus ?

Dans le cadre de ce projet intitulé : « Oralité et Engagement. Pourquoi prendre la parole en public ? » que nous avons mené depuis 2015 dans 8 collèges de la région, certains thèmes ont été systématiquement abordés par les élèves :

  • dénonciation du racisme et de toutes formes de discriminations,
  • dénonciation des maltraitances (violences faites aux femmes, aux enfants et… aux animaux),
  • dénonciation du harcèlement scolaire,
  • dénonciation des guerres, du terrorisme et du fanatisme,
  • dénonciation des inégalités (riches/pauvres) en France et dans le monde.
  • lutte contre la pollution,

Certains groupes d’élèves  choisissent des thèmes beaucoup plus larges et philosophiques comme ‘’La Liberté’’ ou ‘’L’Indifférence’’, inspirés par le spectacle « Assis ! Debout ! Couché ! » qui les aborde.

Y-a-t il des thèmes nouveaux qui sont apparus cette année?  Sont-ils inspirés par l’actualité?

Cette année nous avons eu un groupe qui dénonce la qualité de la cuisine à la cantine scolaire, avec un texte et une mise en scène assez humoristiques.

Plusieurs groupes ont également lancé des débats autour de la problématique de l’addiction aux jeux vidéo, aux smartphones et aux écrans en général. C’était la première fois et cela a donné lieu à des discussions et des présentations très riches : entre fascination pour ces médias, humour et conscience qu’il y a là une thématique très actuelle et sensible pour nous tous.

Un élève également a profité d’un constat sur les différentes origines dans sa classe pour proposer une thématique sur les relations entre les Kurdes et Turcs. Je suis très heureux quand les élèves apportent ce genre de sujets, je trouve qu’ils relèvent vraiment le défi que je leur lance : défendre en public un engagement qui leur est cher et personnel.

Les ateliers se font en collaboration avec un enseignant. Quelle participation attends- tu de l’enseignant?

J’attends beaucoup de choses de l’enseignant : à la fois qu’il m’aide à cadrer le groupe, mais aussi qu’il profite de l’activité pour participer (aux échauffements par exemple) et créer un rapport peut-être plus horizontal avec les élèves.

Mis à part mes temps de présence, le rôle de l’enseignant est primordial dans la réussite de ce parcours « Oralité et Engagement ». Les séances étant espacées d’un mois, c’est lui qui maintient le fil rouge, qui mobilise les élèves, qui aide les groupes à se constituer et à se documenter, qui s’assure qu’ils restent en recherche de thèmes, de textes, d’idées de mise en scène. Le projet ne pourrait pas aboutir si l’enseignant ne dégageait pas de temps supplémentaire avec les élèves en dehors de nos séances pour prolonger le travail.

Je suis également toujours accompagné par une personne chargée des relations avec les publics de La Filature et c’est très agréable. A la fois pour gérer les petits groupes qui travaillent en autonomie dans la même séance (nous sommes alors 3 adultes à tourner entre les groupes pour les aider), pour le côté organisationnel et relationnel avec les établissements et les professeurs, mais aussi pour débriefer à chaque fin de séance. C’est très important pour moi, ça me permet de me sentir moins seul dans la démarche, de corriger le tir si nécessaire et de rester en questionnement sur mon travail. Les responsables des relations publiques de La Filature sont formidables pour ça, je les aime beaucoup.

Comment arrives- tu à surmonter les blocages qui empêchent souvent les jeunes de s’exprimer en public?

C’est tout l’objet de l’atelier. J’avoue qu’avec si peu de temps je suis un peu obligé de passer en force. Ça ne veut pas dire que je les oblige, mais j’essaie de ne pas trop sacraliser l’objectif d’une représentation en public, j’en parle très peu lors de nos séance, je préfère rester concret, parler technique et mettre tout le monde dans le même bateau : on le fait et on ne se pose pas trop de question.

Quand un élève exprime un refus de monter sur scène, j’essaie de lui donner un autre rôle, plus proche de celui du metteur en scène qui aide ses camarades. Souvent en voyant les autres faire, il se rend compte qu’il en est capable également et réintègre le groupe des acteurs naturellement.

On passe également par beaucoup d’exercices assez basiques : un échauffement corporel, un exercice de projection de la voix et la consigne de relever les yeux de la feuille pour s’adresser à quelqu’un lors de la lecture. C’est ce que je veux dire quand je dis que je reste concret, ils ont des consignes claires et simple : parler fort, lever les yeux vers le public… et rester debout ! Ça permet souvent de surmonter les blocages.

Au terme de 4 séances de 2 heures chacune, un spectacle est présenté à la famille et aux camarades.  C’est une  lecture collective des textes qui ont été sélectionnés par chacun des groupes.

Les photos ci-dessous illustrent la présentation au collège d’Hirsingue.

Florent Fichot et une élève du collège de Hirsingue lors de la restitution des ateliers en présence du public

Peux- tu dresser un bilan de tes interventions au sein de La Filature? Quels sont les projets pour les mois à venir?

Depuis Novembre 2015, je suis  intervenu dans 8 collèges pour 16 classes : Le Collège Sainte Marie de Ribeauvillé, le Collège François Villon de Mulhouse, le Collège Schweitzer de Colmar, le Collège Nathan Katz de Burnhaupt le Haut, le Collège Charles Peggy de Wittelsheim, le Collège Marcel Pagnol de Wittenheim, le Collège Victor Schoelcher d’Ensisheim, le collège JP de Dadelsen de Hirsingue.

En Novembre 2017, je vais retrouver une dernière fois La Filature autour du projet « Oralité et Engagement / Pourquoi prendre le parole en public ? » que nous mènerons à la Maison d’arrêt de Mulhouse. Nous avons déjà travaillé  à 6 reprises avec des structures pénitentiaires ou judiciaires : La Maison d’Arrêt de Mulhouse (deux fois), La Maison d’Arrêt de Colmar (deux fois),  La Maison Centrale d’Ensisheim,  L’UEAJ et Le Centre Educatif  Fermé de Mulhouse.

Ces actions ont été mises sur pied par Anne-Sophie Buchholzer et  Clémentine Chéronnet avec l’aide de Héloïse Erhard, Anca Eiblib et Manon Burstert que je remercie chaleureusement.

J’ai joué 14 fois le spectacle « Assis ! Debout ! Couché ! » écrit par Grégoire Courtois et mené des dizaines de séance de débat, de lecture, de mise en scène… C’est une aventure formidable qui m’a permis de donner corps pendant deux ans au manifeste de la Compagnie GRIME et Concocte :

« Nous cherchons, à travers chacune de nos propositions, à tisser un lien empreint de générosité avec le public. Que ce soit sur scène ou à l’occasion de représentations de Théâtre Tout Terrain, nous défendons une certaine énergie populaire couplée à l’exigence d’une forme et d’un propos. Nous voulons parler du monde qui nous entoure, nous voulons grandir au contact des autres, nous voulons œuvrer concrètement et collectivement pour que le théâtre soit un moyen d’action. »

Ce grand projet à Mulhouse m’a également permis de rencontrer Les Amis de La Filature qui ont invité le spectacle « Assis ! Debout ! Couché ! Sautez !» en Mars 2016 et que nous retrouverons le Vendredi 17 Novembre 2017 à 19h à La Filature pour un autre spectacle: LA CRISE EST FINIE ! Un siècle de chansons engagées, a capella, à deux voix et à vélo ! C’est également une belle rencontre !

 

(A noter que LA CRISE EST FINIE ! sera joué Le jeudi 16 Novembre au Centre Social et Culturel Papin de Mulhouse.)

 

 

 

 

 

Assis! Debout! Couché!….,Sautez!

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Les Amis de la Filature ont offert à leurs adhérents un spectacle de Florent Fichot, que ce dernier avait déjà interprété devant des collégiens de plusieurs établissements dans le cadre des rencontres organisées par la Filature hors des murs (voir article du 2 février 2016). Le 17 mars, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées salle Jean Besse à la Filature pour assister à ce spectacle.

Ce jeune et talentueux comédien et metteur en scène de 33 ans travaille à Lyon où il a fondé la compagnie Grime et Concocte. Il   interprète pour nous avec brio des monologues de Grégoire Courtois, « Assis ! Debout ! Couché !…,Sautez ! ». La compagnie Grime et Concocte résume ainsi sa conception du théâtre: Nous voulons parler aux gens du monde qui nous entoure, nous voulons grandir à leur contact, nous voulons œuvrer concrètement, pour convoquer ensemble notre puissance, pour moins de violence, plus de justice et de finesse.

L’auteur, Grégoire Courtois

Né à Auxerre en 1978, Grégoire Courtois est un jeune auteur, chroniqueur, net-artiste et vidéaste qui n’a cessé de produire et de diffuser des œuvres en ligne depuis 1998, le plus souvent gratuitement.
Après des études de cinéma (en montage image) et quelques petits boulots, il finit par travailler au Théâtre d’Auxerre où il crée et organise un cycle de lectures hebdomadaires consacré au théâtre contemporain. Dans ce cadre, il a dirigé et mis en espace plus d’une centaine de textes. Il s’occupe actuellement, toujours à Auxerre, de la librairie indépendante Obliques, qu’il a rachetée en 2011.

Il écrit « Assis ! Debout ! Couché » à l’âge de 20 ans. Voici ce qu’il en dit : « Ces trois monologues ont été écrits pour être joués indépendamment ou bien associés. Dans les trois textes, il est question de stature, de position et d’altitude. On ne dit pas la même chose assis, debout ou couché. On n’est pas la même personne non plus. L’important pour nous tous, c’est d’être à la hauteur. Mais on ne sait pas trop à la hauteur de quoi. Alors on essaie, on s’élève, puis on renonce, pour recommencer, et s’écrouler à nouveau, jusqu’à ce que finalement, on prenne conscience que c’est dans la pliure de nos genoux que réside la clé de notre rapport au monde. »

La pièce, publiée en 2008, a été créée en 2012 par la compagnie Grime et Concocte sous le titre « Assis ! Debout ! Couché !… Sautez ! » dans une mise en scène et une interprétation de Florent Fichot.

Un spectacle dense et captivant

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Sur la scène, une chaise et la silhouette d’un homme tombé à terre (malaise ? meurtre ? suicide ?), dont les contours ont été dessinés à la craie blanche.  Florent Fichot nous présente les textes et nous évoque sa rencontre singulière avec l’auteur. Cet « avant-spectacle » crée ainsi une relation de proximité avec l’assistance. Puis le comédien se débarrasse simplement du contenu de ses poches et cale ses pieds dans ceux de son ombre à terre. Le spectacle peut commencer.

Florent Fichot va ainsi incarner durant plus d’une heure un personnage qui soliloque dans une salle d’attente et s’interroge sur le sens de sa présence ici. A partir de situations des plus banales et au fil d’un monologue de plus en plus prolixe, c’est le sens même de la vie qui est questionné.  Le texte de Grégoire Courtois est dense, âpre, violent, d’une précision cruelle et d’un cynisme noir. Il pointe du doigt nos faiblesses et nos compromissions et tout ce qui fait finalement   l’absurdité et le tragique  de la condition humaine.

Mais le spectacle n’est pas pesant, au contraire, il est même réjouissant et c’est là tout le talent de Florent Fichot : avec une énergie sans faille, tantôt debout,  tantôt assis sur la chaise, tour à tour figé dans son ombre ou gesticulant, il  mime l’incompréhension, le désarroi, le désespoir, le sursaut, la révolte

Par- delà une présence scénique exceptionnelle, il faut saluer également la performance de mémorisation : le comédien s ‘empare du texte et lui fait littéralement cracher son venin en lui  imprimant un rythme vif et syncopé qui rappelle parfois le slam ou le rap et qui introduit une distance ironique en même temps qu’il  accentue la force du propos.

Ce spectacle original a recueilli les suffrages de l’assistance qui espère pouvoir retrouver cet artiste lors d’une prochaine saison.

Danielle Weiss

La Filature s’engage au collège

 

La Filature Scène nationale propose tous les ans aux établissements du Haut-Rhin l’intervention d’un artiste dans des classes de collège pour des ateliers d’initiation au théâtre.

Cette année c’est  Florent Fichot  qui est intervenu à la demande de la Filature Scène nationale dans 4 collèges à Ribeauvillé, Mulhouse, Kaysersberg et Burnhaupt le haut.

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Florent Fichot

Il a choisi de faire réfléchir les élèves sur l’engagement, sur ce qui pourrait les amener à s’engager pour une cause et sur les moyens de manifester leur engagement. Son atelier repose sur le dialogue, l’écoute des autres, l’empathie, tout en introduisant quelques techniques théâtrales qu’il illustre dans le  spectacle qu’il va présenter. Comédien de la compagnie lyonnaise Grime et Concocte, il explique qu’il a choisi ce métier pour pouvoir exprimer son engagement. Quoi de mieux qu’une scène pour clamer ses convictions?

 Ce matin, je  retrouve au Collège Nathan Katz de  Burnhaupt le haut Florent Fichot et Heloïse Erhard de la Filature.

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     Le collège Nathan Katz à Burnhaupt le haut

A 9 heures, la sonnerie retentit, entrée des élèves accompagnés de leur professeur de français dans la salle de spectacle du collège. C’est une classe de 3ème européenne d’une trentaine d’élèves.

Première heure

Florent Fichot accueille chaque élève par une chaleureuse poignée de main. Il se présente et introduit l’atelier.

La séance commence avec quelques mouvements de relaxation des articulations, cou, coudes, poignets, genoux et chevilles, puis on s’assied par terre en rond dans la salle.

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                   Prise de contact

Florent Fichot ouvre alors  la discussion :  « Qu’est ce qui vous révolte, qui vous donne envie de vous engager ? » Après un moment de silence, il interroge chacun des participants et leur demande le fondement de leur révolte. Beaucoup des participants ont choisi comme thème d’engagement la maltraitance ou l’abandon des animaux, le plus souvent des animaux  de compagnie. D’autres s’élèvent contre le sort fait aux  animaux d’élevage destinés à la boucherie. Un autre thème se dégage, la lutte contre le racisme. Florent Fichot  interroge : « de quel racisme parlez- vous? couleur de peau, culture, religion, différence physique ? ».  Nombreux sont ceux qui sont choqués par l’indifférence vis à vis des SDF qu’ils croisent dans la rue à Mulhouse. Florent questionne : « Faut il s’indigner qu’ils ne reçoivent aucun secours ou des conditions qui les ont amenés à se retrouver sans abri ?  » Sont  également cités comme thème d’engagement la défense des femmes battues, la maltraitance des enfants, l’égalité homme femme, le harcèlement à l’école, la lutte contre le fanatisme religieux et la liberté de culte. Un dialogue s’engage alors entre élèves sur la hiérarchie des engagements. Est-il légitime de lutter contre la maltraitance des animaux avant la souffrance des hommes ? Chacun défend son point de vue. La sonnerie d’interclasse sonne ; pause.

Deuxième heure

Florent Fichot est monté sur l’estrade et présente son spectacle.

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                               Sur scène

 

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Florent Fichot présente le texte de « Assis! Debout! Couché! »

« Assis! Debout! Couché! » est un monologue en trois parties dans une langue très rythmique, jaillissante, proche du rap et du slam, au service d’un texte qui donne à réfléchir sur la condition humaine, la prise de parole en public, l’attente, la résignation.

Le sous-titre de Debout est « la prise de parole en public« . Ce monologue  rappelle qu’il faut dire quelque chose d’important, le dire fort et debout pour être écouté au risque de perdre son public qui souhaiterait être ailleurs et qui attend de voir tomber l’orateur ! Cela ne s’est pas produit. Sur scène, Florent Fichot impose sa présence avec énergie, tantôt vibrionnant, tantôt immobile, silencieux et désespéré. Le spectacle a captivé l’ attention  de tous. Un silence absolu s’est établi dans la salle, pas un bruit, pas un chuchotement durant les 50 minutes du spectacle, on est loin du brouhaha des salles de classes.

Troisième heure

Retour dans le cercle. Florent Fichot interroge alors les élèves sur son spectacle :  » Qu’ont-ils compris de ce texte qui laisse une large part à l’interprétation de chacun ? Quels moments ont retenu leur attention? Quelles techniques théâtrales ont permis de captiver leur regard, leur écoute ? »

Dernière séquence, la plus ludique : découvrir et interpréter les gestes qui illustrent l’engagement. Les  adolescents proposent alors une gestuelle qu’ils doivent interpréter en groupe et présenter à leurs camarades spectateurs. Ce jeu les enthousiasme visiblement. Enfin, c’est l’exercice de la voix. Chacun va clamer le nom de son engagement et l’envoyer avec force à ses camarades d’un bout à l’autre de la salle.

Les élèves recherchent des gestes illustrant l’engagement et répètent ensemble

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Fin de la séance

Mais cela n’est pas fini

Le travail va se poursuivre au cours des semaines à venir.

Les élèves ont à choisir un texte qui illustre leur engagement. Ils devront en faire la lecture individuellement ou en groupe lors d’une représentation. Florent Fichot va les retrouver dans quelques semaines pour les aider à présenter leur texte : travailler  la voix,  la gestuelle, le placement et le déplacement du groupe (lecture de passages individuellement ou en choeur, mobilité des participants, gestuelle, etc…), en quelque sorte une initiation à la mise en scène.

La prise de parole en public, c’est dire quelque chose d’important, le dire fort et debout, comme  il le répète dans son spectacle. Ne pas tomber !

Cet  atelier  a certainement éveillé la réflexion et permis l’expression des adolescents. S’il ne déclenche pas de vocations de comédien, il amènera sans doute quelques nouveaux spectateurs à La Filature.

Pour en savoir plus sur Assis! Debout! Couché!

L‘auteur de Assis! Debout! Couché! est Grégoire Courtois. Il est  également chroniqueur, net-artiste et vidéaste. Grégoire Courtois n’a cessé de produire et de diffuser des œuvres en ligne depuis 1998, le plus souvent gratuitement.