Colmar

Visite de l’exposition Otto Dix

Le 10 décembre 2016, Les Amis de La Filature ont visité  l’exposition dédiée à Otto Dix au musée Unterlinden de Colmar.

Otto Dix est surtout connu pour ses portraits expressionnistes sans complaisance, comme celui de Sylvia von Hadern qui illustre le mouvement de « La nouvelle objectivité » dont il est le représentant principal.

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Mais, pour sa première exposition d’art contemporain, le musée Unterlinden a choisi de présenter des oeuvres inspirées par la guerre et le retable d’Issenheim.

Après des études d’arts plastiques, Otto Dix s’engage dans l’armée allemande en 1914. Il a alors 23 ans et part avec enthousiasme comme beaucoup de jeunes de son âge. Il  est envoyé au front, en France, dans les Flandres, puis en Russie et de nouveau en France. Il envoie alors des dessins, très modernes, sur la guerre.  Loin d’exalter l’héroïsme, il dénonce la sauvagerie destructrice. Déjà, on voit très bien l’influence du  retable d’Issenheim.

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L’artiste ne cesse de témoigner des effets de la guerre sur l’homme. Le souvenir de la guerre le poursuivra longtemps.  Il fait paraître le portfolio de gravures intitulé « La Guerre » et de 1928 à 1932 il exécute le triptyque Der Krieg, référence évidente au retable d’Issenheim.

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L’arrivée des nazis va bouleverser sa carrière artistique. Il est considéré comme l’un des auteurs de » l’art dégénéré ». Ses tableaux seront retirés des musées allemands et il est destitué de son poste d’enseignant des beaux arts à Dresde.  Sentant la menace du régime national socialiste monter, il va déménager en 1936  pour s’établir près du lac de Constance, prêt à fuir en Suisse en cas de danger. Cela ne l’empêchera pas en 1945, à l’âge de 54 ans, d’être mobilisé dans le Volkssturm  et fait prisonnier. Il passe sa captivité à Colmar et pourra être affecté comme jardiner au service du peintre Robert Gall.  En fait, il travaillera plus dans l’atelier du peintre que dans son jardin.  Il peindra alors les prisonniers de guerre, dans un décor sombre où apparaissent  des fils de fer barbelés, souvenir de la couronne du Christ du retable.

L’autre fil conducteur de l’exposition est le retable qui a inspiré Otto Dix tout au long de sa vie.  Bien qu’il soit non croyant, la peinture religieuse tient une grande place dans son oeuvre.  Les références au retable sont très nombreuses et  très bien illustrées dans l’exposition par des rappels des parties du triptyque que l’on peut retrouver dans les tableaux de Otto Dix,  comme la  vision renouvelée de l’Annonciation ou la Nativité.