La Filature hors les murs

La Filature au collège avec Florent Fichot

Chaque année, La Filature scène nationale engage des actions culturelles en direction de divers publics et, en particulier, les jeunes  des collèges. A cet effet, elle a invité Florent Fichot, comédien, à intervenir dans des collèges de la région mulhousienne.

Nous avons eu l’occasion de présenter son travail dans un article précédent. Les Amis de La Filature ont aussi eu aussi le plaisir  d’apprécier son spectacle intitulé « Assis!, Debout!, Couché!…. Sautez » en mars 2016.

Florent Fichot anime son atelier autour des thèmes de l’engagement et de l’expression orale.  Les collégiens participent à cet atelier en identifiant un thème d’engagement qui les motive particulièrement et en recherchant avec un enseignant un texte  qui peut l’illustrer. Il faut encore pouvoir le communiquer efficacement.  C’est ici qu’intervient le spectacle  « Assis!, Debout!, Couché! » présenté aux collégiens dès la première séance par Florent.

Une fois le texte sélectionné, les collégiens travaillent en groupes pour mettre en scène leur message et le présenter collectivement. Il s’agit d’apprendre à le scander de façon claire, convaincante et intelligible.  La prise de parole en public n’est pas innée!

Entretien avec Florent Fichot

Florent, quels sont les thèmes que les collégiens ont le plus souvent retenus ?

Dans le cadre de ce projet intitulé : « Oralité et Engagement. Pourquoi prendre la parole en public ? » que nous avons mené depuis 2015 dans 8 collèges de la région, certains thèmes ont été systématiquement abordés par les élèves :

  • dénonciation du racisme et de toutes formes de discriminations,
  • dénonciation des maltraitances (violences faites aux femmes, aux enfants et… aux animaux),
  • dénonciation du harcèlement scolaire,
  • dénonciation des guerres, du terrorisme et du fanatisme,
  • dénonciation des inégalités (riches/pauvres) en France et dans le monde.
  • lutte contre la pollution,

Certains groupes d’élèves  choisissent des thèmes beaucoup plus larges et philosophiques comme ‘’La Liberté’’ ou ‘’L’Indifférence’’, inspirés par le spectacle « Assis ! Debout ! Couché ! » qui les aborde.

Y-a-t il des thèmes nouveaux qui sont apparus cette année?  Sont-ils inspirés par l’actualité?

Cette année nous avons eu un groupe qui dénonce la qualité de la cuisine à la cantine scolaire, avec un texte et une mise en scène assez humoristiques.

Plusieurs groupes ont également lancé des débats autour de la problématique de l’addiction aux jeux vidéo, aux smartphones et aux écrans en général. C’était la première fois et cela a donné lieu à des discussions et des présentations très riches : entre fascination pour ces médias, humour et conscience qu’il y a là une thématique très actuelle et sensible pour nous tous.

Un élève également a profité d’un constat sur les différentes origines dans sa classe pour proposer une thématique sur les relations entre les Kurdes et Turcs. Je suis très heureux quand les élèves apportent ce genre de sujets, je trouve qu’ils relèvent vraiment le défi que je leur lance : défendre en public un engagement qui leur est cher et personnel.

Les ateliers se font en collaboration avec un enseignant. Quelle participation attends- tu de l’enseignant?

J’attends beaucoup de choses de l’enseignant : à la fois qu’il m’aide à cadrer le groupe, mais aussi qu’il profite de l’activité pour participer (aux échauffements par exemple) et créer un rapport peut-être plus horizontal avec les élèves.

Mis à part mes temps de présence, le rôle de l’enseignant est primordial dans la réussite de ce parcours « Oralité et Engagement ». Les séances étant espacées d’un mois, c’est lui qui maintient le fil rouge, qui mobilise les élèves, qui aide les groupes à se constituer et à se documenter, qui s’assure qu’ils restent en recherche de thèmes, de textes, d’idées de mise en scène. Le projet ne pourrait pas aboutir si l’enseignant ne dégageait pas de temps supplémentaire avec les élèves en dehors de nos séances pour prolonger le travail.

Je suis également toujours accompagné par une personne chargée des relations avec les publics de La Filature et c’est très agréable. A la fois pour gérer les petits groupes qui travaillent en autonomie dans la même séance (nous sommes alors 3 adultes à tourner entre les groupes pour les aider), pour le côté organisationnel et relationnel avec les établissements et les professeurs, mais aussi pour débriefer à chaque fin de séance. C’est très important pour moi, ça me permet de me sentir moins seul dans la démarche, de corriger le tir si nécessaire et de rester en questionnement sur mon travail. Les responsables des relations publiques de La Filature sont formidables pour ça, je les aime beaucoup.

Comment arrives- tu à surmonter les blocages qui empêchent souvent les jeunes de s’exprimer en public?

C’est tout l’objet de l’atelier. J’avoue qu’avec si peu de temps je suis un peu obligé de passer en force. Ça ne veut pas dire que je les oblige, mais j’essaie de ne pas trop sacraliser l’objectif d’une représentation en public, j’en parle très peu lors de nos séance, je préfère rester concret, parler technique et mettre tout le monde dans le même bateau : on le fait et on ne se pose pas trop de question.

Quand un élève exprime un refus de monter sur scène, j’essaie de lui donner un autre rôle, plus proche de celui du metteur en scène qui aide ses camarades. Souvent en voyant les autres faire, il se rend compte qu’il en est capable également et réintègre le groupe des acteurs naturellement.

On passe également par beaucoup d’exercices assez basiques : un échauffement corporel, un exercice de projection de la voix et la consigne de relever les yeux de la feuille pour s’adresser à quelqu’un lors de la lecture. C’est ce que je veux dire quand je dis que je reste concret, ils ont des consignes claires et simple : parler fort, lever les yeux vers le public… et rester debout ! Ça permet souvent de surmonter les blocages.

Au terme de 4 séances de 2 heures chacune, un spectacle est présenté à la famille et aux camarades.  C’est une  lecture collective des textes qui ont été sélectionnés par chacun des groupes.

Les photos ci-dessous illustrent la présentation au collège d’Hirsingue.

Florent Fichot et une élève du collège de Hirsingue lors de la restitution des ateliers en présence du public

Peux- tu dresser un bilan de tes interventions au sein de La Filature? Quels sont les projets pour les mois à venir?

Depuis Novembre 2015, je suis  intervenu dans 8 collèges pour 16 classes : Le Collège Sainte Marie de Ribeauvillé, le Collège François Villon de Mulhouse, le Collège Schweitzer de Colmar, le Collège Nathan Katz de Burnhaupt le Haut, le Collège Charles Peggy de Wittelsheim, le Collège Marcel Pagnol de Wittenheim, le Collège Victor Schoelcher d’Ensisheim, le collège JP de Dadelsen de Hirsingue.

En Novembre 2017, je vais retrouver une dernière fois La Filature autour du projet « Oralité et Engagement / Pourquoi prendre le parole en public ? » que nous mènerons à la Maison d’arrêt de Mulhouse. Nous avons déjà travaillé  à 6 reprises avec des structures pénitentiaires ou judiciaires : La Maison d’Arrêt de Mulhouse (deux fois), La Maison d’Arrêt de Colmar (deux fois),  La Maison Centrale d’Ensisheim,  L’UEAJ et Le Centre Educatif  Fermé de Mulhouse.

Ces actions ont été mises sur pied par Anne-Sophie Buchholzer et  Clémentine Chéronnet avec l’aide de Héloïse Erhard, Anca Eiblib et Manon Burstert que je remercie chaleureusement.

J’ai joué 14 fois le spectacle « Assis ! Debout ! Couché ! » écrit par Grégoire Courtois et mené des dizaines de séance de débat, de lecture, de mise en scène… C’est une aventure formidable qui m’a permis de donner corps pendant deux ans au manifeste de la Compagnie GRIME et Concocte :

« Nous cherchons, à travers chacune de nos propositions, à tisser un lien empreint de générosité avec le public. Que ce soit sur scène ou à l’occasion de représentations de Théâtre Tout Terrain, nous défendons une certaine énergie populaire couplée à l’exigence d’une forme et d’un propos. Nous voulons parler du monde qui nous entoure, nous voulons grandir au contact des autres, nous voulons œuvrer concrètement et collectivement pour que le théâtre soit un moyen d’action. »

Ce grand projet à Mulhouse m’a également permis de rencontrer Les Amis de La Filature qui ont invité le spectacle « Assis ! Debout ! Couché ! Sautez !» en Mars 2016 et que nous retrouverons le Vendredi 17 Novembre 2017 à 19h à La Filature pour un autre spectacle: LA CRISE EST FINIE ! Un siècle de chansons engagées, a capella, à deux voix et à vélo ! C’est également une belle rencontre !

 

(A noter que LA CRISE EST FINIE ! sera joué Le jeudi 16 Novembre au Centre Social et Culturel Papin de Mulhouse.)

 

 

 

 

 

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Les Amis de la Filature prennent « Une chambre en Inde » à la Cartoucherie de Vincennes

Un spectacle » hors les murs  » pour les Amis de La Filature

Le dimanche 14 mai 2017, une douzaine d’Amis de la Filature ont fait le voyage à Paris et se sont retrouvés à la Cartoucherie de Vincennes au rendez-vous d’Ariane Mnouchkine et du Théâtre du Soleil. Au programme, le dernier spectacle en date de la plus fameuse femme de théâtre française contemporaine, en l’occurrence « Une chambre en Inde ». Côté organisation, la Filature avait bien fait les choses…

Comme elle a l’habitude de le faire pour l’ensemble de ses spectacles, Ariane Mnouchkine nous attendait à l’entrée, déchirait elle-même les billets et nous conviait à déjeuner « indien » au foyer de La Cartoucherie avant le début du spectacle.

Le foyer de la Cartoucherie

Un sujet grave, enlevé avec légèreté

La nouvelle création collective du Théâtre du Soleil est un voyage dans le temps et les formes théâtrales qui ont jalonné le parcours d’Ariane Mnouchkine. Elle questionne le théâtre, son rôle et son avenir dans le monde ainsi que la place de la femme dans nos sociétés. Joué, chanté, dansé, c’est un grand spectacle foisonnant qui emprunte aux grands maîtres comme à l’actualité.

La pièce dresse ainsi le portrait d’une société en crise face au terrorisme. Ariane Mnouchkine, plus politique que jamais, convoque sur scène Shakespeare, Tchekhov mais aussi Daesh et Charlie Chaplin dans un tourbillon théâtral qui navigue entre les formes les plus contemporaines et le meilleur de la tradition.

La troupe du Théâtre du Soleil a passé plusieurs mois en Inde, près de Pondichéry après les attentats du mois de novembre 2015,  pour créer cette pièce qui met en scène Cornélia, metteuse en scène envahie par le doute et qu’une surabondance de cauchemars assaille dès qu’elle parvient à s’endormir, cauchemars sur les attentats, Daesh… et le sentiment qu’elle a voué sa vie à quelque chose qui n’a aucun impact sur rien.
La mise en scène est indiscutablement superbe mais les sujets graves (attentats, barbarie, sexisme etc.) sont, à mon avis, traités avec trop de légèreté et sans doute banalisés sur un ton un tantinet moralisateur.
Cependant le spectacle valait néanmoins le détour et l’initiative de La Filature pour notre association mérite d’être reconduite pour une autre saison.

 

Loge des artistes

 

Représentation d’ « Une chambre en Inde »

Emmanuelle Badinand

Panorama des actions culturelles de La Filature

On connaît tous La Filature comme salle de spectacles, mais les actions culturelles de La Filature scène nationale sont beaucoup moins visibles du public. Pourtant, le rayonnement culturel de la Filature dans le département est considérable. On a pu en juger le jeudi 19 mai, journée consacrée à la restitution des actions menées durant la saison 2015-2016.

Au total, c’ est presque 9000 personnes qui ont été touchées par nos actions, me dit Clémentine  Girard, responsables des relations publiquesqui accueillait le public. Un parcours conduisait les visiteurs  dans différents lieux où étaient exposés  des photos, montages, travaux divers,  mais aussi des présentations de vidéos, enregistrements audio illustrant les différents ateliers qui avaient pris place au cours de la saison. Ce parcours permettait de mesurer l’ampleur et la diversité du travail réalisé pour diffuser les actions culturelles auprès de publics variés.

La visite commençait dans la salle Jean Besse où étaient projetées des vidéos des actions menées auprès des scolaires. C’était l’occasion d’avoir un aperçu de l’ensemble des activités engagées  avec des classes de collèges et lycées, notamment autour de l’expression corporelle et théâtrale. Dans la salle suivante étaient exposés les documents issus des ateliers d’écriture réalisés au lycée à  la suite de spectacles vus par les élèves à La Filature. Il s’agissait pour les participants d’écrire  sur  le monde contemporain en s’inspirant des spectacles auxquels il avaient assisté, en partant de ce qui les touchait sur le plan affectif. A l’issue de ce travail d’écriture, un récit collectif avait été élaboré, mis en voix et enregistré. Dans un autre atelier, il s’agissait de découvrir les particularités  de l’écriture théâtrale et de tenter de transposer des faits d’actualité pour la scène. Au lycée Cluny, l’atelier théâtre a pu bénéficier de l’intervention de Lionel Lingelser, metteur en scène et comédien du Munstrum Théâtre. Ils ont travaillé sur le jeu masqué.

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atelier de travail sur les masques

La visite  continuait à l’extérieur de La Filature.  A l’arrière du bâtiment, l’espace vert disponible  a été aménagé pour permettre aux écoles du quartier Norfeld de découvrir la nature et ses bienfaits dans un parcours   artistique et pédagogique « Retournons la terre » .  Emmanuelle Walter,  conseillère artisitique, qui a conduit cette action  avec l’artiste plasticienne Anne Zimmermann, me fait visiter les lieux.  Trois éclosoirs de papillons sont posés sur la pelouse.  Ce sont des meubles recyclés qui ont été décorés par les élèves avec des pochoirs ou des découpages  de papillons. Les chenilles sont nourries avec des orties, on voit quelques oeufs  comme des perles brillantes minuscules à la surface des feuilles, mais le temps froid n’a pas encore permis l’éclosion des papillons. Plus loin, un cercle entouré d’une clôture de bois tressé accueille quelques bacs de plantes. Les classes ont pu s’initier dans cet espace aux techniques de la photographie et comprendre le cycle de la terre. Sur cet ancien site industriel, la terre est impropre aux cultures et la municipalité doit la remplacer avec une terre horticole. Mais la plus grande surprise vient plus tard quand Emmanuelle me dit que deux ruches ont été installées sur le toit de La Filature ! Pour l’instant, les abeilles sont peu actives, il fait encore assez froid, et elles ne sortent pas pour butiner.

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une espace pour découvrir la culture

Le parcours se poursuivait  sur la mezzanine de La Filature avec la présentation des actions éducatives des scolaires du primaire. Dessins, posters, travaux collectifs sont exposés sur les murs, les fenêtres, les sofas, les panneaux, on sait plus où regarder tant la production est abondante !  Parmi les travaux exposés, ceux relatifs au parcours « Paradis lapsus« . Les enfants, du CM1 à la 6ème, aidés par les interprètes de ce spectacle  et inspirés par une poésie rap, ont découvert le chant et la danse avec, en particulier, une initiation au hip-hop. Une vidéo amusante nous montrait les enfants s’exerçant, parfois maladroitement, à des figures de hip-hop !

Par ces actions, La Filature ouvre ses portes au jeune public. En lien avec les ateliers proposés et  les thèmes sur lesquels elles travaillent, les classes peuvent assister à plusieurs spectacles, initiant ou prolongeant ainsi leur travail personnel ou collectif.

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un exemple parmi d’autres de la production des classes de primaire en relation avec un spectacle

En fin de journée, les  collégiens, les enseignants ayant participé aux ateliers, ainsi que  certains des intervenants de ces actions, se sont retrouvés dans la salle Jean Besse  pour la présentation « officielle » des actions culturelles. C’était l’occasion pour Monica Guillouet-Gélys, directrice de La Filature,  de remercier les intervenants et l’équipe de La Filature qui se sont  impliqués avec passion,  en particulier Anne-Sophie Buchholtzer,  responsable des publics scolaires et universitaires. Mais c’était aussi un moment de rencontre vivant avec les élèves qui avaient participé aux ateliers. Il étaient venus nombreux, désireux de présenter le fruit de leur travail. Visiblement les parcours animés par Florent Fichot (« Entre théâtre et slam: oralité et engagement »)  et par Kheireddine Lardjam (« Médias fiction ») avaient enthousiasmé les collégiens. Plusieurs classes ont pu montrer dans des textes lus collectivement leur engagement pour lutter contre  l’exclusion, la différence, la violence conjugale vue par les enfants, le harcèlement à l’école.  Ils avaient retenu les conseils donnés dans le spectacle de Florent Fichot    Assis! debout! couché! : pour être entendu, il faut parler debout, fort et dire quelque chose d’important.  Le spectacle s’est conclu avec  Imagine de John Lennon, chanté avec talent par une future candidate à « The voice« !

Il faut encore citer  les actions remarquables  menées à l’hôpital. Laurence Rollet, conseillère artistique,  a fait appel à Geneviève Pernin, danseuse et chorégraphe, pour apporter par la danse un peu de chaleur au centre hospitalier de Mulhouse. On a pu ainsi voir une vidéo montrant Geneviève Pernin  entrer en relation par quelques mouvements de danse  avec des malades âgés souffrant de pathologies très invalidantes. Prenant doucement les mains d’une femme en chaise roulante, elle l’entraîne à dessiner avec grâce des arabesques dans l’air, moment fugace de plaisir !   Pour des patients alités, elle propose « Si vous avez cinq minutes, je viens danser pour vous« . La patient est invité, s’il le souhaite,  à choisir  une musique  et  il peut alors assister, dans un rapport intime et privilégié, à une courte danse exécutée à son attention  dans sa chambre d’hôpital.

Cette liste d’actions est loin d’être exhaustive, on pourrait encore citer La Filature nomade avec des spectacles donnés hors des murs, l’atelier clown, l’atelier en milieu carcéral,  le parcours danse « contactful » et bien d’autres encore….

 

 

 

 

 

Tout un Monde à « La Filature Nomade »

Nous avons déjà présenté l’initiative de la Filature de créer des spectacles hors des murs, dans les communes avoisinantes de Mulhouse, la Filature Nomade. La Filature Nomade permet de rencontrer des spectateurs peu habitués à La Filature. Pour autant, les spectateurs assidus et en particulier les « Amis de la Filature » ne sont pas exclus !

Le premier spectacle annoncé dans ce blog avait dû être annulé à la suite d’un problème de santé de l’actrice. Mais voici un nouveau spectacle au programme : « Tout un Monde« , avec la Compagnie Bonaventure.

clown

Clown burlesque avec un petit chapeau pointu, Hélène Ventoura présente sa version très personnelle de Cendrillon qui, après le bal, s’enfuit pour un voyage initiatique et surprenant. Ce conte moderne nous embarque dans un univers loufoque et invraisemblable qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière minute. C’est drôle, décalé, moderne et délicieusement insolite !

Ne vous y trompez pas : ce n’est pas du tout un conte pour enfants ! Il est pour  tout public à partir de 12 ans.

VIDÉO cliquez ici

 

Dates et lieux

Mardi 2 février à 20h, Salle Grassegert à Wittelsheim

Réservations  au 03 89 57 88 11

Mercredi 3 février à 20h – Salle des fêtes à Schlierbach

Réservations au 03 89 81 30 06

Jeudi 4 février à 20h – Palais de la Régence à Ensisheim

Réservations au 03 89 26 49 54

Vendredi 5 février à 20h – Salle des fêtes de Lautenbach

Réservations au 03 89 74 05 81

 

Samedi 6 février à 20h – Salle des fêtes d’Hombourg

Réservations au 03 89 26 05 41

Jeudi 3 mars à 20h – Salle des Brasseurs, Lutterbach

Réservations au 03 89 50 71 46

Vendredi 4 mars à 20h – Salle Lucien Geng, Habsheim

Réservations au 03 89 44 03 07

Samedi à 5 mars à 20h – Foyer Saint Erasme, Uffholtz

Réservations au 03 89 75 69 46

 

La Filature s’engage au collège

 

La Filature Scène nationale propose tous les ans aux établissements du Haut-Rhin l’intervention d’un artiste dans des classes de collège pour des ateliers d’initiation au théâtre.

Cette année c’est  Florent Fichot  qui est intervenu à la demande de la Filature Scène nationale dans 4 collèges à Ribeauvillé, Mulhouse, Kaysersberg et Burnhaupt le haut.

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Florent Fichot

Il a choisi de faire réfléchir les élèves sur l’engagement, sur ce qui pourrait les amener à s’engager pour une cause et sur les moyens de manifester leur engagement. Son atelier repose sur le dialogue, l’écoute des autres, l’empathie, tout en introduisant quelques techniques théâtrales qu’il illustre dans le  spectacle qu’il va présenter. Comédien de la compagnie lyonnaise Grime et Concocte, il explique qu’il a choisi ce métier pour pouvoir exprimer son engagement. Quoi de mieux qu’une scène pour clamer ses convictions?

 Ce matin, je  retrouve au Collège Nathan Katz de  Burnhaupt le haut Florent Fichot et Heloïse Erhard de la Filature.

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     Le collège Nathan Katz à Burnhaupt le haut

A 9 heures, la sonnerie retentit, entrée des élèves accompagnés de leur professeur de français dans la salle de spectacle du collège. C’est une classe de 3ème européenne d’une trentaine d’élèves.

Première heure

Florent Fichot accueille chaque élève par une chaleureuse poignée de main. Il se présente et introduit l’atelier.

La séance commence avec quelques mouvements de relaxation des articulations, cou, coudes, poignets, genoux et chevilles, puis on s’assied par terre en rond dans la salle.

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                   Prise de contact

Florent Fichot ouvre alors  la discussion :  « Qu’est ce qui vous révolte, qui vous donne envie de vous engager ? » Après un moment de silence, il interroge chacun des participants et leur demande le fondement de leur révolte. Beaucoup des participants ont choisi comme thème d’engagement la maltraitance ou l’abandon des animaux, le plus souvent des animaux  de compagnie. D’autres s’élèvent contre le sort fait aux  animaux d’élevage destinés à la boucherie. Un autre thème se dégage, la lutte contre le racisme. Florent Fichot  interroge : « de quel racisme parlez- vous? couleur de peau, culture, religion, différence physique ? ».  Nombreux sont ceux qui sont choqués par l’indifférence vis à vis des SDF qu’ils croisent dans la rue à Mulhouse. Florent questionne : « Faut il s’indigner qu’ils ne reçoivent aucun secours ou des conditions qui les ont amenés à se retrouver sans abri ?  » Sont  également cités comme thème d’engagement la défense des femmes battues, la maltraitance des enfants, l’égalité homme femme, le harcèlement à l’école, la lutte contre le fanatisme religieux et la liberté de culte. Un dialogue s’engage alors entre élèves sur la hiérarchie des engagements. Est-il légitime de lutter contre la maltraitance des animaux avant la souffrance des hommes ? Chacun défend son point de vue. La sonnerie d’interclasse sonne ; pause.

Deuxième heure

Florent Fichot est monté sur l’estrade et présente son spectacle.

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                               Sur scène

 

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Florent Fichot présente le texte de « Assis! Debout! Couché! »

« Assis! Debout! Couché! » est un monologue en trois parties dans une langue très rythmique, jaillissante, proche du rap et du slam, au service d’un texte qui donne à réfléchir sur la condition humaine, la prise de parole en public, l’attente, la résignation.

Le sous-titre de Debout est « la prise de parole en public« . Ce monologue  rappelle qu’il faut dire quelque chose d’important, le dire fort et debout pour être écouté au risque de perdre son public qui souhaiterait être ailleurs et qui attend de voir tomber l’orateur ! Cela ne s’est pas produit. Sur scène, Florent Fichot impose sa présence avec énergie, tantôt vibrionnant, tantôt immobile, silencieux et désespéré. Le spectacle a captivé l’ attention  de tous. Un silence absolu s’est établi dans la salle, pas un bruit, pas un chuchotement durant les 50 minutes du spectacle, on est loin du brouhaha des salles de classes.

Troisième heure

Retour dans le cercle. Florent Fichot interroge alors les élèves sur son spectacle :  » Qu’ont-ils compris de ce texte qui laisse une large part à l’interprétation de chacun ? Quels moments ont retenu leur attention? Quelles techniques théâtrales ont permis de captiver leur regard, leur écoute ? »

Dernière séquence, la plus ludique : découvrir et interpréter les gestes qui illustrent l’engagement. Les  adolescents proposent alors une gestuelle qu’ils doivent interpréter en groupe et présenter à leurs camarades spectateurs. Ce jeu les enthousiasme visiblement. Enfin, c’est l’exercice de la voix. Chacun va clamer le nom de son engagement et l’envoyer avec force à ses camarades d’un bout à l’autre de la salle.

Les élèves recherchent des gestes illustrant l’engagement et répètent ensemble

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Fin de la séance

Mais cela n’est pas fini

Le travail va se poursuivre au cours des semaines à venir.

Les élèves ont à choisir un texte qui illustre leur engagement. Ils devront en faire la lecture individuellement ou en groupe lors d’une représentation. Florent Fichot va les retrouver dans quelques semaines pour les aider à présenter leur texte : travailler  la voix,  la gestuelle, le placement et le déplacement du groupe (lecture de passages individuellement ou en choeur, mobilité des participants, gestuelle, etc…), en quelque sorte une initiation à la mise en scène.

La prise de parole en public, c’est dire quelque chose d’important, le dire fort et debout, comme  il le répète dans son spectacle. Ne pas tomber !

Cet  atelier  a certainement éveillé la réflexion et permis l’expression des adolescents. S’il ne déclenche pas de vocations de comédien, il amènera sans doute quelques nouveaux spectateurs à La Filature.

Pour en savoir plus sur Assis! Debout! Couché!

L‘auteur de Assis! Debout! Couché! est Grégoire Courtois. Il est  également chroniqueur, net-artiste et vidéaste. Grégoire Courtois n’a cessé de produire et de diffuser des œuvres en ligne depuis 1998, le plus souvent gratuitement.